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10/02/2008

10/02/08 - 16:08

Addict

Ça y est, les rues sont désertes. Il va enfin pouvoir se faufiler dans la nuit complice. Malgré l’obscurité, il cache son regard derrières des lunettes noires. Il marche vite, les mains enfoncées dans les poches et les mâchoires serrées.

Enfin, il arrive. Il rentre dans le bâtiment et avance, sûr de lui. Il n’hésite pas une seconde, il sait exactement où il doit se rendre. Le sachet est là, comme prévu. Il enlève ses lunettes, d’une main tremblante cette fois. Il sent ses muscles se raidir. La sueur commence à perler sur son front. Non, il ne peut pas craquer maintenant. Il doit absolument se reprendre. Il a 250 grammes de bonheur suprême à portée de main. Il se saisit du paquet tant convoité.

Soudain, il se sent épié. Un enfant le regarde, intrigué. Que faire? Il suspend son geste un instant. Non, il ne peut plus faire marche arrière. Il faut bien que ce mioche apprenne la vie après tout, même s’il n’a rien à faire là.

Il relève fièrement la tête et s’éloigne, avec son précieux sachet à la main. Il le porte comme un trophée. Il reconnaît sa revendeuse habituelle. Elle le salue d’un signe de tête. Ils échangent quelques mots. Il lui glisse un billet dans la main tandis qu’il fait disparaître son bien dans sa poche.

Il lui faut maintenant refaire le chemin en sens inverse. Mais il peine à conserver une allure normale. Il sent ses jambes s’emballer malgré lui. Il parcourt les derniers mètres qui le séparent de son immeuble en courant.

Arrivé dans le hall, il n’y tient plus. Il faut qu’il respire cette odeur qui l’a tant fait rêver, vite. Il déchire le sachet avec les dents et prend une grande inspiration, sous le regard réprobateur de sa voisine du troisième. Il s’en fout, elle peut bien penser ce qu’elle veut. Il doit reconnaître que ça l’amuse même de scandaliser cette vieille peau qui emmerde tout l’immeuble avec son caniche maniaco-dépressif. Tant pis, il ne peut pas se résoudre à différer encore sa consommation. L’attente n’a que trop duré. Il sort le divin produit de son écrin et croque dedans à pleines dents.
Ha ce qu’il peut aimer le gruyère !

commentaires

10/02/08 - 20:52

Hi ah !!

J'aime bien ce texte, ça entretient le suspens jusqu'au bout, on est entraîné dans le mouvement...

Bien écrit ^^

11/02/08 - 01:26

bon... je cautionne... ^^ Et je dois avouer que je me suis pris au texte !
mille baisers d'amour à mon auteur préférée, ma future épouse... je l'aime!
Le concombre masqué

11/02/08 - 22:15

Rendons à Albat ce qui n'est pas à César : Je n'ai été que l'éxécutante au service d'un esprit brillant.
Après, je suis ravie de ne pas être répudiée (bien au contraire on dirait... ;-) ) J'attends avec impatience notre prochaine entrevue.
Je t'embrasse...

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